L’évolution constante de l’industrie de l’étiquetage pousse les imprimeurs vers de nouvelles technologies. La transition de la flexographie à l’impression numérique étroite représente un changement majeur. Ce passage implique des ajustements significatifs dans la gestion des encres et des processus de séchage. Comprendre ces impacts est crucial pour une intégration réussie.
Le paysage de l’étiquetage : flexographie face au numérique
Historiquement, la flexographie a dominé le marché de l’étiquetage étroit. Sa rapidité et son coût par volume pour les tirages longs en ont fait le choix privilégié. Elle excelle dans la reproduction de couleurs vives et la gestion des supports variés. Cependant, les exigences modernes, telles que les tirages courts, la personnalisation accrue et les délais de livraison plus courts, ont mis en lumière les limites de ce procédé.
L’impression numérique étroite offre une flexibilité sans précédent. Elle élimine les coûts et les délais liés à la fabrication des plaques. Cela permet des tirages à la demande et une réactivité accrue aux demandes du marché. Les nouvelles presses numériques intègrent souvent des capacités d’impression multi-technologies, combinant jet d’encre, toner et parfois même des éléments de finition.
Gestion des encres : une nouvelle donne
La gestion des encres diffère radicalement entre la flexographie et l’impression numérique. En flexographie, on utilise des encres liquides ou en pâte. Elles sont généralement à base d’eau, de solvant ou d’UV. La viscosité, le pH et la concentration des pigments sont des paramètres critiques. Le mélange des couleurs se fait souvent en amont, préparant des encres spécifiques pour chaque job. La gestion des encres implique le stockage, le maintien de la qualité, le nettoyage des équipements et la gestion des surplus.
L’impression numérique, quant à elle, utilise principalement des encres à base de colorants ou de pigments, projetées sous forme de gouttelettes microscopiques. Les encres pour jet d’encre sont formulées pour une viscosité très faible et une excellente fluidité. Elles sont souvent encapsulées et nécessitent une préparation spécifique pour éviter le colmatage des buses. La gestion des couleurs se fait via des profils ICC sophistiqués et des systèmes de contrôle de la couleur en ligne.
Le passage à la numérique impose de repenser le stockage des encres. Les cartouches ou les systèmes d’alimentation en vrac nécessitent un environnement contrôlé. La traçabilité des lots d’encre devient encore plus importante pour garantir la cohérence des couleurs sur le long terme. Les opérateurs doivent maîtriser de nouveaux outils logiciels pour la création et la gestion des gammes de couleurs. Le gaspillage d’encre peut être réduit grâce à la nature “à la demande” de la production numérique, mais il faut gérer la durée de vie des encres et la maintenance des têtes d’impression.
Le rôle du séchage UV : évolution et adaptation
Le séchage UV est un élément clé dans les deux technologies, mais son application et sa technologie évoluent. En flexographie, les lampes UV traditionnelles (à mercure) sont couramment utilisées. Elles fournissent une énergie intense pour polymériser les encres UV. Le contrôle de la température, la distance entre la lampe et le substrat, et l’efficacité de la ventilation sont essentiels. Ces systèmes peuvent consommer beaucoup d’énergie et générer de la chaleur sur le substrat.
Avec l’avènement de l’impression numérique étroite, la technologie LED UV gagne du terrain. Les lampes LED UV offrent plusieurs avantages par rapport aux lampes à mercure. Elles ont une durée de vie beaucoup plus longue, une consommation d’énergie réduite et une émission de chaleur considérablement plus faible. Elles sont également instantanément allumables et éteignables, ce qui est idéal pour les flux de production numériques.
La transition vers le numérique, souvent associée aux LED UV, impacte la gestion du séchage. Les exigences en matière de longueur d’onde et d’intensité lumineuse des LED UV doivent correspondre précisément aux formulations d’encres numériques. Les encres UV numériques sont conçues pour réagir à des spectres lumineux spécifiques. Un mauvais accord peut entraîner un séchage incomplet, des problèmes d’adhérence, de résistance ou de migration.
La gestion de l’énergie est un point fort des LED UV. Elles permettent d’optimiser la puissance de séchage en fonction de la vitesse de la presse et du type d’encre. Cela contribue à réduire les coûts d’exploitation. De plus, la faible émission de chaleur des LED UV est un atout majeur pour l’impression sur des substrats sensibles à la chaleur, comme certains films plastiques ou papiers minces, couramment utilisés dans l’étiquetage.
Défis et opportunités de la transition
La transition du flexo au numérique pour l’étiquetage étroit présente des défis. La formation du personnel est primordiale. Les opérateurs doivent acquérir de nouvelles compétences en informatique, en gestion logicielle et en maintenance des équipements numériques. L’investissement initial dans les presses numériques peut être conséquent. Il est nécessaire d’évaluer soigneusement le retour sur investissement en fonction des volumes de production et des types de travaux.
Cependant, les opportunités sont immenses. La capacité à produire des tirages courts et personnalisés ouvre de nouveaux marchés. Les imprimeurs peuvent proposer des solutions innovantes à leurs clients, comme des étiquettes variables, des séries limitées ou des emballages personnalisés. La réduction du temps de mise en production et la flexibilité accrue améliorent la compétitivité.
L’intégration de la technologie LED UV avec l’impression numérique est une synergie puissante. Elle permet d’atteindre des niveaux de qualité et de performance remarquables tout en optimisant les coûts et l’impact environnemental. La gestion des encres et du séchage doit être envisagée de manière holistique, en tenant compte des spécificités de chaque technologie pour maximiser les bénéfices de cette transition.
Les imprimeurs qui investissent dans la compréhension de ces changements, tant au niveau des encres que du séchage UV, seront les mieux placés pour réussir dans le paysage dynamique de l’impression d’étiquettes étroites. L’adaptation est la clé du succès.




